La relocalisation de la production de fil de lin qui arrive à point. 

Alors que la France représente  75 % de la production mondiale de lin textile, elle ne comptait plus aucune usine pour filer son lin depuis les fermetures successives des 50 filatures présentes en 1976.
C’était sans compter sur l’énergie d’un entrepreneur, Pierre Schmitt, qui, en 2013 reprend la dernière usine en liquidation judiciaire : Emmanuel Lang.
 
Une production française de fil de lin qui arrive à point nommé, en 2020, année de la généralisation du port du masque sanitaire.  
 

La France, premier producteur mondial de lin textile

La France représente environ 75% de la production mondiale de lin textile, avec près de 100 000 hectares cultivés et 150 000 tonnes par an. En 1976, il y avait encore une cinquantaine de filatures dans notre pays. Mais en quelques décennies, le fil a été rompu et nous avons perdu toutes les filatures de lin présentes sur le territoire national.
Désormais, environ 80% de la production de lin est filée en Chine et le reste en Europe de l’Est : Pologne, République tchèque, Hongrie…  
En raison de la mondialisation, l’industrie textile connaît une perte de confiance de la part des consommateurs.

La responsabilité écologique des entreprises et des marques devient une exigence. Mais est-il possible économiquement de relancer une production de fil de lin en France ? 
Une entreprise alsacienne relève le défi !  


La reprise de la dernière filature de lin en Alsace

En 1856, Emanuel Lang crée une entreprise textile spécialiste du tissu à base de fils teints. En 1908, elle s’installe à Hirsingue (Haut Rhin) pour développer une filature et un tissage de coton.
Mais à partir de début 2000, l’entreprise subit la crise industrielle du textile français face à la production asiatique. Après une restructuration en 2003, un changement d’actionnaire en 2009, elle connaît une liquidation judiciaire en 2012-2013. Les machines doivent être vendues. Pendant 10 mois, les ouvriers d’Emanuel Lang se mobilisent autour de leurs outils de travail. Fin 2013, l’entreprise échappe à la faillite grâce à un nouvel acquéreur, Pierre Schmitt. 


La relocalisation de la production de fil de lin

En 2016, l’entreprise compte une vingtaine de personnes. Elle se spécialise dans l’utilisation de matières textiles naturelles : lin, chanvre, ortie. Forte de son savoir-faire, la société Emanuel Lang est la première à réinvestir en France dans une filature de lin. Le lin vient de Normandie où il est cultivé. Ainsi une nouvelle production 100% française de fil de lin peut voir le jour !

Emanuel Lang travaille avec l’entreprise Schlumberger, basée à Guebwiller dans le Haut-Rhin, leader mondial de machines textiles à filer des fibres longues comme le lin. C’est ainsi que Emanuel Lang a pu racheter plusieurs machines en Hongrie pour relancer une production locale de fil de lin.

L’entreprise développe des tissus innovants et de haute qualité qui séduisent plusieurs grandes marques de prêt-à-porter. La filature de lin de 25 salariés avait démarré début 2020 pour répondre aux commandes pour l’habillement, l’ameublement et les textiles techniques. 

Face à l’importante pénurie de masques, les dirigeants d’Emanuel Lang ont très vite réagi pour commencer début avril 2020 une fabrication de masques en lin et coton.

Ainsi, la relocalisation de la production de fil de lin arrive à point. Elle constitue un premier pas pour que le pays puisse redévelopper son autonomie dans un secteur considéré aujourd’hui comme stratégique.

Machines à filer le lin
Machines à filer le linCrédit photo : société Emmanuel Lang
Ensemble filature de lin
Ensemble filature de linCrédit photo : société Emmanuel Lang
Opérateur sur une filature de lin
Opérateur sur une filature de linCrédit photo : société Emmanuel Lang