Dans l'Oise, installation d'un chauffage urbain grâce au lin

Depuis des années, les énergies renouvelables focalisent l’attention. En effet, il est nécessaire de trouver des alternatives aux réserves fossiles de charbon, de pétrole et de gaz.
La biomasse est une source d’énergie d’avenir, d’autant plus vertueuse qu’elle est locale. C’est le cas du lin avec l’utilisation des anas qui sont les déchets d’écorce et de bois issus des tiges lors du teillage.

Les anas de lin, un produit peu transportable

Pour les coopératives linières qui effectuent des opérations de teillage, les anas sont une ressource valorisable pour les agriculteurs. Toutefois, les prix des débouchés des anas (panneaux, litières…) ne sont pas toujours stables.

Les anas de lin sont également peu transportables. 1 m3 d’anas de lin ne pèse que 100 kg !
Les coûts de transport sont donc importants.
A Grandvilliers, dans l’Oise, la coopérative linière Lin 2000 livrait autrefois ses anas de lin à Munich dans un laboratoire spécialisé dans les litières pour chevaux.
Ces transports nécessitaient annuellement 250 camions qui effectuaient chacun 600 km, soit un total de 150 000 km.

Les anas de lin, un combustible… à consumer sur place

Pour Lin 2000, la meilleure solution était d’utiliser les anas sur place : élimination des frais de transport, de stockage, stabilisation des prix, réponse écologique aux enjeux liés aux énergies et au climat.
La coopérative linière et la ville de Grandvilliers ont donc développé un projet commun de réseau de chaleur urbain. Pour la commune, l’intérêt était de réduire la facture énergétique des structures publiques.
Ce dossier exemplaire a reçu les soutiens du ministère de l’Agriculture, du Conseil général de l’Oise, de la Communauté de communes de la Picardie verte et de l’ADEME.


Tous au chaud à Grandvilliers grâce au lin

Ce réseau de chaleur alimenté par la combustion d’anas de lin a été mis en place à partir de 2009.
Jacques Larcher, maire de Grandvilliers, précise qu’en 2015, ce réseau de chaleur concerne l’OPAC, un bailleur social qui gère 230 logements, l’hôpital et la maison de retraite, la salle de sport, le collège et le lycée professionnel, la piscine intercommunale et le nouvel éco quartier regroupant 25 maisons individuelles et 14 appartements.

Dans la commune, 3,8 km de canalisation d’eau à 90° irriguent ces différents équipements qui concernent plus de 1000 personnes, soit le tiers de la population.

A Grandvilliers, le développement durable est une réalité quotidienne.
Les maisons de l'éco-quartier bénéficient du réseau de chaleur
Les maisons de l'éco-quartier bénéficient du réseau de chaleurChristian Saber
Immeubles en bois chauffés aux anas de lin dans l'espace Chantereine à Grandvilliers
Immeubles en bois chauffés aux anas de lin dans l'espace Chantereine à GrandvilliersChristian Saber
L'hôpital de Grandvilliers est chauffé grâce au réseau de chaleur urbain
L'hôpital de Grandvilliers est chauffé grâce au réseau de chaleur urbainChristian Saber